La prison du confort

Je t’ai vu ce matin courir pour attraper ton métro.

On aurait dit une horloge humaine parfaitement réglée.

Tu crois mener ta vie, alors que c’est elle qui te mène.

Les habitudes que tu as façonnées, les sentiers que tu empruntes, les choix que tu fais…

J’y vois des schémas répétitifs.

Notre cerveau est programmé pour l’efficacité.

Il privilégie les voies rapides familières aux chemins de traverse.

C’est moins fatiguant et moins risqué.

La routine te donne l’illusion du contrôle.

Tout semble prévisible, ordonné et sans surprise.

Sauf que ce n’est pas vraiment vivre.

C’est survivre.

C’est exister dans un espace restreint, délimité par nos peurs et nos conditionnements.

Comme un poisson rouge qui tourne en rond dans son bocal, persuadé que l’océan se limite à sa vision.

J’ai longtemps cru que ma vie était tracée d’avance.

Études, travail, carrière, retraite…

Sans m’en rendre compte, j’ai intégré une somme de croyances limitantes comme celles disant qu’il faut être raisonnable, que la sécurité prime avant tout ou qu’il ne sert à rien de prendre des risques inutiles.

J’ai reproduit certains schémas de mes parents, de mes amis, de mon entourage.

Par mimétisme, par facilité, par peur d’être rejeté.

La science explique que notre cerveau crée des autoroutes neuronales.

Plus nous empruntons un chemin de pensée, plus il devient facile à suivre.

Il m’a fallu du temps pour réaliser que mes relations amoureuses reproduisaient les mécanismes dysfonctionnels observés durant mon enfance.

Mes passe-temps étaient ceux de mon cercle d’amis, pas nécessairement les miens.

J’étais un mouton qui suivait le troupeau, pourtant convaincu d’être un loup solitaire.

95% de nos décisions sont prises par notre inconscient.

Ce n’est pas un hasard si nous répétons les mêmes erreurs, si nous sommes attirés par les mêmes profils toxiques, et si nous sabordons nos chances de réussite au dernier moment.

Notre inconscient suit sa propre logique.

Il se base sur la somme de nos expériences passées.

C’est un gardien zélé, mais mal informé.

Ce confort mental est notre prison.

La routine est notre geôlier et nos habitudes deviennent des chaînes.

La physique quantique nous enseigne que l’univers est fait de possibilités et que notre réalité n’est qu’une version parmi une infinité d’autres.

En restant figés dans nos schémas, nous nous empêchons d’évoluer.

Nous fermons des portes avant même de savoir où elles mènent.

Alors, chaque prise de conscience, même infime, est une victoire.

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